"Saigon", une pièce de théâtre de Caroline Guiela Nguyen

La pièce “Saigon” de Caroline Guiela Nguyen sera sur scène à Ho Chi Minh-Ville pour deux dates exceptionnelles les 21 et 22 septembre prochain. C’est l’événement culturel-phare de cette année de célébration des 45 ans de relations franco-vietnamiennes.

Dates :
21.09.2018 - 18h30
22.09.2018 - 15h30
Ouverture des portes : 30mn avant le début de la représentation

Durée : 3h30 (entracte 30mn)

Lieu :
Théâtre Ben Thanh - 6 Mac Dinh Chi, Q.1, HCMV

Tarifs :
1 300 000 VND - 900 000 VND - 500 000 VND - 300 000 VND
150 000 VND pour les élèves et les étudiants

Tickets en vente sur : https://goo.gl/f8eH7X

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Elle a bouleversé le Festival d’Avignon et enchaîné les salles combles dans des théâtres de renom du monde entier. La pièce « Saigon » nous invite à suivre les destins de Français et Vietnamiens entre 1956 et 1996. C’est un voyage dans l’espace et dans le temps : entre le Vietnam et la France, et entre 1956, année de départ des derniers Français de Saïgon, et 1996, date à laquelle le gouvernement autorise les Vietnamiens ayant émigré à l’étranger (Viet-Kieu) à rentrer dans leur pays natal.

Tout se passe dans un restaurant vietnamien, parfois situé à Saïgon, en 1956, parfois à Paris en 1996, dans le 12e arrondissement où se sont installés les émigrés vietnamiens. C’est un restaurant comme il en existe beaucoup en France, avec ses fleurs colorées, son décor kitsch, et son karaoké, qui rassemble les récits intimes qui se sont heurtés à la grande histoire : l’histoire d’un fils avec sa mère, l’histoire de deux amants obligés de se séparer, d’un soldat français qui s’éprend d’une Vietnamienne et la ramène en France…

Caroline Guiela Nguyen a réuni onze comédiens français et vietnamiens afin d’entonner un récit polyphonique, d’histoires d’amours, d’exils troublés par des mensonges, teintées d’oubli et de nostalgie. «  Je ne veux pas de discours sur les gens, je veux les gens eux-mêmes  », dit-elle. Elle nous entraîne dans ces deux mondes, «  qui se sont croisés, aimés, détruits puis oubliés depuis maintenant 60 ans » pour imaginer un récit commun.

La genèse de Saigon

Le désir de créer cette pièce est venu après avoir monté plusieurs textes classiques. «  Je me suis aperçue que des récits et des êtres me manquaient sur les plateaux de théâtre. Je voulais faire entendre dans nos spectacles le bruit du monde et pour moi, des voix étaient absentes.  »

Bien sûr, même si ce projet «  n’est ni autobiographique ni un spectacle sur la colonisation  », il a à voir avec sa propre histoire : sa mère est vietnamienne et de nombreux membres de sa famille ont émigré en France.

Au cours des différents séjours de travail qu’elle a effectués au Vietnam afin de «  récolter des histoires  », des empreintes, des sensations, qui constitueront le sous-texte de la future pièce, il lui apparaît que la ville lui donne des «  indications fictionnelles  » :

« Hô-Chi-Minh-Ville est chargée d’histoires de départ, d’exil, elle est peuplée d’êtres qui manquent dans les familles et c’est cette absence qui engendre la fiction.  »

Ce long travail d’enquête et de rencontres sur place, à Ho Chi Minh-Ville, a été rendu possible grâce à la résidence de création “Villa Saigon” de l’Institut français du Vietnam, dont Caroline Guiela Nguyen et sa compagnie ont été les premiers occupants en 1995 et début 1996.

L’écriture de plateau

Le travail d’écriture de Caroline Guiela Nguyen s’inscrit dans la lignée de ce que l’on appelle désormais «  les écritures de plateau ». Pour ces artistes, le texte n’est pas premier et leur geste artistique ne consiste pas à mettre en scène un texte préexistant. Les mots de la pièce adviennent sur le plateau, avec les comédiens.

De fait, Caroline Guiela Nguyen a d’abord choisi les comédiens de sa future pièce. Pour « Saigon », elle a souhaité pouvoir réunir des comédiens français, français d’origine vietnamienne, et vietnamiens. Leur visage, leur corps, ce qu’ils portent en eux d’imaginaire, de récits, de traces, c’est ce qui intéresse en premier lieu la metteure en scène. «  Je veux les gens eux-mêmes, leurs visages, leurs paysages, leurs corps, leurs langues. Ce sont eux qui me font entrer en écriture.  »

La langue du texte

La question de la langue, des langues, est prépondérante dans le spectacle, qui retrace les histoires de ceux qui, partis du Vietnam, s’aperçoivent au retour de l’exil qu’ils parlent un vietnamien qui n’existe plus, ou de ceux dont la maîtrise plus ou moins assurée du français empêche de dire tout le récit des blessures.

«  Ce sont les comédiens qui m’ont renseignée sur leur propre langue, leur propre façon de parler. Par exemple, Hiep parle un français qui n’est pas sa langue maternelle. La façon qu’il a de manier la langue est différente de Pierric pour qui le français est là depuis toujours. C’est pour cette raison-là que je veux garder l’écriture de la parole avec les comédiens.  »Caroline Guiela Nguyen

La scénographie : du réel à la scène

“Pour SAIGON, il s’est décidé tout de suite que ça allait se passer dans un restaurant vietnamien. Où et quand, nous allions le définir ensemble. Pour ce projet il nous a paru nécessaire que toute l’équipe parte au Vietnam pour comprendre et sentir ce pays. Nous avons pris le temps d’interviewer des gens, de les filmer, les enregistrer, prendre des photos, dessiner, écrire. Nous avons aussi fouillé dans les archives et fait des recherches historiques autour de l’histoire de l’Indochine.

Puis nous avons fait le même parcours en France dans la communauté vietnamienne. C’est toute cette matière que nous avons partagée avec les comédiens qui nous a aidés à fabriquer ce spectacle.

« En France, j’ai été marquée par la suraffirmation du Vietnam, comment dans un restaurant on cultive une nostalgie du pays, on remet en scène un fragment du Vietnam, c’est un lieu où l’on peut oublier la France et pourtant il ne ressemble pas du tout aux restaurants que nous avons vus au Vietnam. » Alice Duchamp, scénographe, compagnie Les Hommes Approximatifs

« Saigon » : un triomphe mondial

Après le 71e Festival d’Avignon dont elle a constitué la révélation, « Saigon » a été présentée dans toute la France puis dans le monde. Paris, Lyon, Berlin, Amsterdam, Pékin, Shanghai, Stockholm… après Ho Chi Minh-Ville, ce sera Rome, Vilnius. Le phénomène devient un triomphe mondial.

On ne compte plus les spectateurs de marque, tels que Mme Brigitte Macron l’épouse du président de la République française ou encore M. Nguyen Thiep, ambassadeur du Vietnam à Paris, qui est venu féliciter personnellement la metteuse en scène à l’issue d’une représentation au théâtre de l’Odéon.

Caroline Guiela Nguyen

Caroline Guiela Nguyen, française née de mère vietnamienne, est une jeune et brillante auteure et metteuse en scène de théâtre.

Après des études de sociologie et d’arts du spectacle, elle intègre l’école du Théâtre National de Strasbourg en mise en scène. Elle y rencontre ses futurs collaborateurs artistiques, vite réunis sous le nom "Les Hommes Approximatifs", compagnie qu’elle fonde en 2009.

Chevalier des Arts et des Lettres en 2016, elle est nominée aux Molières en 2015 pour “Elle brûle” et en 2018 pour “Saigon”.

Elle est associée au Théâtre de l’Odéon, au Théâtre de l’Europe, ainsi qu’à la MC2 de Grenoble et fait partie du collectif artistique de La Comédie de Valence, Centre dramatique national Drôme-Ardèche.

“Saigon” n’est pas une pièce autobiographique de Caroline Guiela Nguyen. Elle n’y raconte pas la vie de sa mère. “Ce qui m’intéresse, c’est de dire une histoire dont on ne parle pas. Celle de ces Vietnamiens exilés en France qui sont partis en 1956 et qui n’ont pu revenir dans leur pays qu’en 1996. Mais mon spectacle prend entièrement le point de vue des Français. Je ne me mets jamais à la place des Vietnamiens.”

Artistes de “Saigon”

Dan Artus (dans le rôle d’Edouard)

Né en 1974, Dan Artus est diplômé du Théâtre National de Bretagne. Comédien, auteur, metteur en scène, il a collaboré à plusieurs créations de Maxime Contrepois comme Erwin Motor, Dévotion de Magali Mougel (2016) et celles de metteurs en scène comme Irène Bonnaud ou Vincent Macaigne. Saigon est sa deuxième pièce de théâtre en collaboration avec Caroline Guiela NGUYEN après Le Chagrin (2015).

Pierric Plathier (dans le rôle d’Antoine)

Né en 1984, Pierric est comédien, chanteur et musicien. Il a participé à plusieurs créations de Caroline Guiela NGUYEN telles que Le Bal d’Emma ou Elle brûle (2013). Il a également notamment joué dans La Ménagerie de verre de Tennessee Williams mise en scène par Daniel Jeanneteau (2016), Les Géants de la montagne de Luigi Pirandello mise en scène par Stéphane Braunschweig (2015), Le Pas de Bême d’après Michel Vinaver mise en scène par Adrien Béal (2014).

Adeline Guillot (dans le rôle de Cécile)

Née en 1984, Adeline Guillot est diplômée du TNS en section jeu. A l’école, elle a participé aux créations de Caroline Guiela NGUYEN Andromaque, Macbeth (inquiétudes) d’après Shakespeare et Heiner Müller et Anaïs Nin (tout doucement je referme la porte sur le monde). Elle a également collaboré à la création d’ autres pièces de théâtre contemporaine telles que Sous l’armure de Catherine Anne mis en scène par Christian Duchange (2016) et Peter Pan d’après James Matthew Barrie (2014).

Maud le Grevellec (dans le rôle de Madame Gauthier)

Formée au Conservatoire National de Région de Rennes puis au Conservatoire d’Art Dramatique de Lorient, elle a travaillé avec la Compagnie Le Groupe Incognito sur les créations collectives Cadavres Exquis, projet initié par Catherine Tartarin. Elle a joué dans plus de trente pièces de théâtre dont Comme il vous plaira (William Shakespeare) - Christophe Rauck - Malakoff, Scène Nationale en 2018, Delivre-toi de mes désirs (Maria Velasco) - Lecture dirigée par Helena Tornero (2017), Habiter le temps (Rasmus Lindberg) - Lecture dirigée par Michel Didym (2017).

Hiep Tran Nghia (dans le rôle de Hao en 1996)

Né en 1942 à Tay Ninh (Vietnam) et arrivé en France depuis 1964, mari de Anh TRAN Nghia, Hiep était Ingénieur en informatique et a mené parallèlement une riche carrière cinématographique avec sa première participation dans Indochine de Régis Warnier (1992) et Dien Bien Phu de Pierre Schoendoerffer (1992). Après sa retraite, il poursuit sa carrière au cinéma et au théâtre en participant à On ne choisit pas sa famille de Christian Clavier (2011), Le Bal des Actrices de Maïwenn (2007), Poids Léger de Jean-Pierre Améris (2003) et quelques pièces de théâtre.

Anh Tran Nghia (dans le rôle de Marie – Antoinette)

Née en 1944 à Tay Ninh (Vietnam), elle est arrivée en France en 1968. Mariée à Hiep Tran Nghia, patronne d’un restaurant vietnamien à Laon dans l’Aisne entre 1979 et 1990, elle est aussi comédienne et a joué dans plusieurs films comme On ne choisit pas sa famille de Christian Clavier (2011), Le Bal des Actrices de Maïwenn (2007), Poids Léger de Jean-Pierre Améris (2003)…

NGUYEN Thi My Chau (dans le rôle de Linh en 1996)

Née en 1952 à Saigon, My Chau est arrivée en France en 1969.
A l’âge de 32 ans, elle a décidé de devenir comédienne professionnelle, s’est formée en théâtre et chant et parallèlement à la danse contemporaine. Elle a participé dans plusieurs films comme Avant le repas de Fabien Tran Minh (2015), Le Bal des Actrices de Maïwenn (2007), Poids Léger de Jean-Pierre Améris (2003) et des séries télévisées comme Strictement platonique (Michel Catz) ou Little Wenzhou (Sarah Lévy).

NGUYEN Phu Hau (dans le rôle de Linh en 1956)

Née en 1992. A l’âge de 24 ans, elle décide de se lancer dans des études au Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique d’Ho Chi Minh-Ville. Après seulement trois premières semaines au conservatoire, elle est repérée par Caroline Guiela NGUYEN et se voit attribuer le superbe rôle d’une jeune femme amoureuse.

HUYNH Thi Truc Ly (dans le rôle de Mai)

Née en 1995 à Hô Chi Minh-Ville, jeune diplômée du Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique d’Hô Chi Minh-Ville en 2018. En 2016, elle a été repérée par Caroline Guiela NGUYEN lors d’une audition au conservatoire. Avant Saigon, Ly a participé dans quelques créations de metteurs en scène comme Nguyen Huu Tien et Tien Thanh, sous la direction de Trinh Kim Chi.

LE Hoang Son (dans le rôle de Hao en 1956)

Né en 1995 à Tra Vinh, jeune diplômé du Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique d’Hô Chi Minh-Ville en 2018. Pendant ses études, Son était membre de la troupe de théâtre Euripides et Cau Vong. En 2016, il a été repéré par Caroline Guiela NGUYEN lors d’une audition au conservatoire.

TO Thi Thanh Thu (dans le rôle de Lam)

Née en 1994 à Dak Lak. Elle a obtenu un diplôme de Licence en traduction et interprétation française de l’Université de Pédagogie d’Hô Chi Minh-Ville en 2016. Thu a participé au projet de Caroline Guiela NGUYEN en tant qu’interprète et puis monte sur scène. La voix-off de la pièce, c’est aussi elle.

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Dernière modification : 08/09/2018

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