Grand angle – Une réforme du baccalauréat très décriée

PNG

Le ministère de l’éducation de la formation a présenté le 28 septembre son projet de refonte du baccalauréat vietnamien. Il entend aller jusqu’au bout de cette réforme malgré une polémique qui a, pour le moins, enflée. Dès 2017, à l’exception des lettres, toutes les épreuves seront des questionnaires à choix multiples (QCM). Il y aura cinq épreuves : mathématiques, lettres, langues étrangères, sciences naturelles (physique/chimie/biologie), et sciences sociales (histoire/géographie, éducation citoyenne). Seules les trois premières épreuves seront obligatoires ; les élèves auront ensuite à choisir entre sciences « dures » et sciences « molles » en guise de spécialisation. Si jamais ils choisissaient de passer les deux épreuves, seule la meilleure des deux notes serait prise en compte. Enfin, la durée des épreuves sera allongée, et le nombre de questions augmentera : 120 questions en 2h30 par exemple pour les sciences, contre 60 questions en 1h30 auparavant.

Cette réforme n’est que l’aboutissement d’un changement plus profond engagé par le ministère depuis le début des années 2010. En 2013 déjà, certaines matières, comme l’histoire ou la LV2, étaient devenues optionnelles pour les classes de 12ème (terminale), au grand dam des professeurs concernés. En 2015, le nombre d’épreuves avait été réduit de six à cinq.

Les critiques, formulées notamment par l’association des mathématiciens du Vietnam, portent évidemment sur le plan pédagogique. Alors que les élèves eux-mêmes fustigent « l’apprentissage perroquet » (học vẹt) qui leur est imposé, que signifie la systématisation des QCM ? Est-ce suffisant pour juger de la compréhension d’un élève dans des matières comme l’histoire ou les mathématiques ? Et pourquoi une mise en place si précipitée, qui risque de créer des difficultés d’adaptation des élèves et des enseignants ?

Le ministère maintient ses positions et argue du fait que le bac a pour objectif principal de sanctionner la fin des études secondaires, et pas de découvrir de nouveaux talents pour les universités, qui ont leur propre concours d’entrée. Les 22,5 millions d’élèves et d’étudiants vietnamiens, pour leur part, avouent volontiers avoir eu l’impression d’être des souris de laboratoire, après avoir essuyé les plâtres des réformes successives.

Dernière modification : 03/10/2016

Haut de page