Grand angle – Réélections au sommet de l’Etat

Curiosité institutionnelle que cette semaine du 25 au 29 juillet, qui a vu la réélection ou la reconduction d’une équipe dirigeante aux affaires depuis moins de six mois. C’est bien lors du XIIème congrès du Parti communiste vietnamien, en janvier dernier, que tout avait été décidé. M. Tran Dai Quang était devenu Président de la République, Mme Nguyên Thi Kim Ngân Présidente de l’Assemblée nationale, et M. Nguyen Xuan Phuc Premier ministre. Ils avaient alors tous trois prêtés serment une première fois entre fin mars et début avril devant l’Assemblée nationale, mais ils viennent de le faire à nouveau cette semaine ; les députés qui se trouvaient devant eux la première fois étaient ceux de la XIIIème législature, des élections législatives ayant eu lieu entre temps.

PNG

Depuis le IXème congrès du Parti (2001), le rôle et les prérogatives de l’Assemblée nationale ont en effet évolué. Plus précisément, une nouvelle loi sur l’organisation de celle-ci (30/2001/QH10 du 25 décembre 2001) prévoyait deux choses : l’alignement du calendrier électoral législatif sur celui des changements à la tête de l’exécutif d’une part, et d’autre part une plus grande responsabilité du gouvernement devant les 500 députés.

Sur l’organigramme ci-contre, issu du journal Tuoi Tre, on peut voir par exemple que le pouvoir exécutif procède théoriquement du pouvoir législatif. Mais on peine, il est vrai, à comprendre le rôle du Parti sur ce document.

Par ailleurs, c’étaient les députés qui, après chaque congrès et chaque élection législative, élisaient sur proposition le Président de la République et nommaient le Premier ministre. Ainsi, en 2006 par exemple, l’ancien Premier ministre Nguyên Tân Dung avait pris ses fonctions à la fin du mois de juin, un mois après les élections législatives de mai.

L’année 2016 aura donc vu une exception, voire un mépris de la procédure. Pourquoi cela ? Est-ce dû à un calendrier particulièrement précipité, et à la nécessité d’accueillir le Président des Etats-Unis dès le mois de mai ? Ou à un consensus interne visant au départ rapide de l’ancienne équipe ? Difficile à dire. La seule certitude est que désormais, aussi bien le pouvoir exécutif que la XIVème législature de l’Assemblée nationale sont en place pour de bon, et ce pour cinq ans.

Dernière modification : 01/08/2016

Haut de page