Grand angle – Les rites folkloriques du Vietnam

Diversité des cultes
Le Vietnam est doté d’une multiplicité de pratiques rituelles très anciennes, en lien avec la nature. La plupart des réjouissances aujourd’hui trahissent encore des origines agraires (rites de violence, rites orgiaques, sacrifices…). Ces fêtes sont vécues comme des moments de libération temporaire pour la communauté villageoise. Ces rites célèbrent des animaux (tigre, cochons…), invoquent des génies qui prodiguent prospérité, bonheur et richesse tout au long de l’année, rendent hommage aux ancêtres.
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L’un des types de culte le plus répandu est lié à la fécondité et à la fertilité. De nombreux villages (notamment dans les provinces de Phu Tho et Bac Ninh au Nord et celles de Quang Binh et Quang Tri au Centre) organisent des processions de « divinités luxurieuses ». A Khuc Lac, la foule cherche à s’emparer de statuettes en bois figurant les organes génitaux masculin et féminin afin d’influencer le sexe de leur futur enfant à naître. Autrefois ces fêtes licencieuses donnaient lieu à une application très concrète du culte de la fécondité.

Controverses
Beaucoup d’observateurs notent le caractère de plus en plus incontrôlable voire dangereux de ces célébrations. Cette année, le ministère de la culture, des sports et du tourisme a d’ailleurs été mis en cause pour son incapacité à contrôler ces débordements.

Le début du printemps est en général marqué par des festivals folkloriques. Si certains se passent dans le calme, d’autres donnent lieu à des actes de violence. Une dizaine de victimes est dénombrée chaque année, souvent piétinées par la foule. D’autres festivals consistant en la capture et le sacrifice de bétail sont dénoncés. C’est le cas d’un rituel de sacrifice de porcs dans la province de Bac Ninh ou de scènes dignes de la tauromachie dans la province de Tay Ninh au sud du pays.

Les autorités vietnamiennes, qui subissent donc les critiques virulentes des internautes et ne souhaitent pas écorner l’image du pays aux yeux des touristes, tentent de contenir ces débordements. Certaines prises sont donc simplement exhibées puis rapidement dissimulées pour ne pas exciter les participants. De plus, les mises à mort des animaux ne se font de moins en moins sur la place centrale des villages mais plutôt dans un endroit reculé.

La place de ces festivals dans la société moderne est de plus en plus remise en cause, notamment par les citadins, qui se disent choqués par un tel manque de discipline. Ces fêtes restent cependant très populaires et donnent lieu à de nombreuses transactions. Le festival « Cua ong » dans la province de Quang Ninh (Nord-Est) a rapporté 664 000 € l’année dernière. En 2017, il a été annoncé que les fonctionnaires n’auront pas le droit de participer à ces festivals.

Dernière modification : 20/02/2017

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