Gestion des déchets et tri sélectif

Hô Chi Minh-Ville produit 7 500 tonnes de déchets par jour. Chaque habitant est à l’origine en moyenne de 340 kg de déchets par an. L’enfouissement est encore aujourd’hui le mode de traitement privilégié des déchets avec 85 % des déchets enfouis et 15 % recyclés.

Une véritable économie des déchets recyclables
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Le service de collecte de la mégalopole a la particularité d’être assuré par 1 société publique municipale, 22 sociétés publiques à l’échelle des arrondissements et majoritairement par un réseau de collecteurs informels dont les autorités estiment qu’ils prennent en charge 60 % de la collecte. Le secteur informel comprend aussi des recycleurs ; c’est une autre particularité de la ville puisqu’une vraie économie des déchets recyclables existe, ceux-ci étant rachetés directement aux ménages ou aux collecteurs avant d’être valorisés. Il existe donc une perception des taxes par le secteur informel dans son « périmètre de collecte » et qui ne revient pas à la collectivité.

Au Vietnam, le décret 59/2007/ND-CP réglemente la gestion des déchets. Il a notamment institué le principe de pollueur-payeur et le tri à la source. La gestion des déchets ménagers relève des villes qui produisent une réglementation sur la fourniture de ce service. Au regard de ce texte, les arrondissements définissent les modalités de collecte sur leur territoire.

À Hô Chi Minh-Ville qui accueille près de 13 millions d’habitants sur un territoire de 2 096 km2, la quantité́ totale des déchets solides produits est estimée à 7 543 tonnes par jour dont environ 6 500 tonnes sont collectées et traitées par enfouissement (soit 80 % à 85 % des déchets produits). Le reste est revendu aux filières de recyclage. La quantité́ de déchets augmente chaque année de 7 à 8 %.
La particularité́ de la collecte des déchets à HCMV est qu’elle est réalisée à 60 % par un réseau de collecteurs informels qui opèrent essentiellement dans les ruelles. L’autre partie de la collecte sur les grands axes de circulation est prise en charge par la société́ publique de la ville CITENCO et les sociétés publiques des arrondissements. Ces dernières années, un programme de tri des déchets à la source a été́ mis en place dans certains arrondissements. Pourtant, son efficacité́ reste encore circonscrite. En réalité́, les déchets recyclables (papiers, bouteille en plastique, métal...) sont toujours récupérés à la source par les habitants pour les vendre dans les réseaux de collecteurs, revendeurs et recycleurs. Par conséquence, les déchets recyclables sont peu présents dans les poubelles de la ville.

Difficulté du tri des déchets à la source

Un projet test de tri des déchets à la source est en cours dans six arrondissements de la ville depuis 2015 : les arrondissements 1, 3, 5, 6, 12 et Binh Than. Les autorités ont distribué des bacs de tri de couleurs différentes aux habitants des zones concernées. Les premiers résultats de cette expérience n’ont pas été concluants. Il y a un faible engouement de la population pour le tri à la source. Actuellement, les familles participantes au programme sont demandeuses de mécanismes en leur faveur et discernent mal leur intérêt dans ce programme puisqu’elles paient le même tarif que les familles non participantes.

Le tri à la source représente par ailleurs un cout supplémentaire pour les collecteurs qui doivent s’équiper avec du matériel sophistiqué. Les collecteurs doivent dorénavant effectuer la collecte avec deux bacs distincts, ce qui pose un problème de praticité́. Il est compliqué pour une personne seule de pousser deux grands bacs de 660L. Ainsi, de nombreux collecteurs sont réticents au tri des déchets pour des raisons pratiques et certains ont même revendu leur circuit de collecte pour ne plus pratiquer que la collecte sélective.

Selon les membres des coopératives, le tri à la source a fait baisser leurs revenus car les habitants ont gardé́ les produits recyclables chez eux. De plus, les tarifs de collecte restent faibles et n’ont pas augmenté ces dernières années. Les collecteurs n’ont pas de revenus suffisants pour exercer leur travail.

Dernière modification : 03/10/2017

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