Au Vietnam, la résilience vue par les jeunes

Du 27 août au 14 octobre 2018, les jeunes Vietnamiens de 15 à 35 ans ont été appelés à traduire la notion de « résilience », en mots et en images, à l’occasion d’un concours organisé par l’Union de la jeunesse et l’AFD. Sur les 400 candidatures reçues, 11 lauréats ont été récompensés. Nous les avons rencontrés lors de la remise des prix début novembre, à Hanoï.

Aujourd’hui, jour de la remise des prix du concours, le ciel normalement bleu est recouvert d’un brouillard gris. Les conducteurs de moto portent des masques pour éviter de respirer les gaz émanant des pots d’échappement. L’air est irrespirable : l’indice de pollution s’élève à 165 PM 2.5, alors que la norme se situe entre 0 et 100 (indice américain). Une situation loin d’être inhabituelle : la moyenne de la ville est deux fois supérieure aux standards, 4 fois supérieure au niveau recommandé par l’OMS.

À Hanoï comme dans le reste du pays, la population fait face à un double défi : arriver à réduire la pollution mais aussi s’adapter aux conséquences du changement climatique, auxquelles le Vietnam est particulièrement exposé. Les intempéries liées à ces dérèglements ont causé en moyenne 500 décès par an au cours des 30 dernières années et les dégâts économiques liés représentent 1,5 % du PIB du pays.

Les jeunes lauréats que nous rencontrons sont conscients de l’urgence climatique. Pour Thi Dien, « l’impact est très net au Vietnam, il y a de nombreux typhons et les intempéries sont de plus en plus régulières ».

La résilience : résister, s’adapter, restaurer

Le mot « résilience » n’a pas d’équivalent en vietnamien et même dans notre langue, il est polysémique. Il n’en existe pas de définition universelle et simple. Le concours a donc été l’occasion pour les participants de se pencher sur cette notion et d’essayer de la rendre accessible. Si tous s’accordent pour dire que la résilience, c’est la capacité à résister face aux catastrophes naturelles et à répondre aux chocs, chacun traduit à sa manière ce terme souvent difficile à saisir.

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La résilience : un cycle vertueux

Nhat se représente la résilience comme un cycle « qui vient et qui revient » et qui permet au fur et à mesure « de construire la capacité à répondre à ces chocs multiples et à se restaurer ». Ce processus doit se répéter, selon lui, pour construire une résilience véritablement durable.

Vidéo de Nhat

Un long chemin

Pour Thanh, c’est plutôt un chemin long et sinueux. Au départ de son œuvre, ce qu’elle visionne comme « l’état de l’environnement aujourd’hui » : pollution du sol causé par un développement rapide de l’industrie et d’une forte urbanisation, diminution de la biodiversité, pollution de l’air…. Elle explique ensuite que les gens doivent s’unir et prendre des mesures collectives pour faire changer les choses, notamment via l’éducation des jeunes et un développement respectueux de l’environnement. Au bout de ce chemin, l’environnement retrouve son état initial et est finalement restauré.

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La solidarité au cœur

Hieu insiste quant à elle sur le fait que la notion de « résilience » doit se traiter avec une approche basée sur l’humain, en le replaçant au centre de toutes les réflexions. Pour elle, la solidarité est un facteur clé pour renforcer la capacité d’un pays à surmonter une catastrophe et à se reconstruire.

Tous les lauréats espèrent que leurs œuvres permettront à leurs proches et à tous ceux qui les verront de s’approprier la notion et de comprendre les enjeux liés au dérèglement climatique.

Les jeunes, un rôle essentiel

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Dien, premier prix du concours © AFD.

Face au défi de la résilience, les lauréats sont unanimes : les jeunes ont un rôle central à jouer. Ils peuvent bien sûr commencer par des petites actions « utiliser moins d’eau et d’électricité, planter des arbres, recycler ses déchets », liste Dien, avant de s’excuser : « C’est peu, mais en tant qu’étudiant nous devons avant tout nous concentrer sur nos études. » Pourtant pour Thanh, ce sont ces mêmes études qui leur permettront d’acquérir les connaissances nécessaires pour défendre le sujet climatique après de leurs proches : « Grâce à ça, je pourrai inspirer d’autres personnes et les aider à agir », explique-t-elle.

Un rôle renforcé pour ces digital natives qui surfent sur l’information en continu. « Pour nous les jeunes, il est facile de capter des informations sur les réseaux sociaux et sur internet. Nous avons un rôle central à jouer dans la diffusion de ces informations au sein des communautés et du pays », affirme Nhat.

Pour Hieu, comprendre les phénomènes liés au dérèglement climatique, c’est pouvoir ensuite les vulgariser pour les rendre accessible à tous : « Je m’engage dans la lutte contre le changement climatique en cherchant à savoir comment fonctionne notre monde et à comprendre les différentes variables. C’est très important pour pouvoir agir. Si on rencontre quelqu’un qui a un comportement négatif pour l’environnement, on peut ensuite aller vers cette personne et lui expliquer, pour qu’elle change ses habitudes. »

L’AFD, le Vietnam et la jeunesse

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© UDJ

La stratégie de l’AFD au Vietnam est d’accompagner la trajectoire de développement « verte et résiliente » du pays autour de trois axes prioritaires, que sont la transition énergétique, la résilience des villes et territoires, et la jeunesse.

L’AFD est mobilisée aux côtés de la jeunesse à travers des projets de développement des compétences dans les secteurs porteurs en termes d’emploi, des projets d’appui à l’insertion socio-économique des jeunes les plus vulnérables et des opérations de sensibilisation et de mobilisation avec l’Union de la Jeunesse.

C’est dans ce cadre qu’a été organisée la conférence « Les jeunes et le changement climatique : défis d’aujourd’hui, quelle résilience demain ? », introduite par le ministre français de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin et le directeur général de l’AFD, Rémy Rioux, qui a également remis les prix du concours. Cette remise des prix a eu lieu dans le cadre des célébrations des 45 ans de coopération entre la France et le Vietnam et la visite du Premier ministre français Édouard Philippe.

Source : www.afd.fr

Dernière modification : 30/11/2018

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